Mais son cœur est loin de moi …
Mardi, 5° semaine du Temps Ordinaire (année impaire)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 7, 1-13)
Rendre un culte, enseigner les doctrines, ce dont les scribes et pharisiens s’étaient fait une spécialité voire un privilège, n’est en soi pas une si mauvaise chose. Jésus lui-même n’a pas épargné sa peine pour enseigner les foules ! Sa colère au Temple prouve en outre son attachement à purifier le culte de toutes nos magouilles. Mais son souci n’est pas d’abord la conformité. Ni celles des doctrines, dont le mot, au pluriel, laisse poindre un soupçon de blablas et un subtil pouvoir d’intimidation et de manipulation. Ni celle du culte, dont chacun évidemment pourra toujours juger la sienne bien meilleure que celle du voisin. Dieu ne cesse de s’en prendre à notre obsession de la conformité, dont nos temps technocratiques sont si avides. Plus que jamais, en bons pharisiens que nous sommes, la conformité nous obsède. On la traque partout, on invente pour bien la garantir des certificats et des normes tous azimuts. Devenue un vrai instrument de pouvoir et de contrôle, elle donne l’illusion d’une maîtrise. De tout cela, Dieu n’est pas très adepte.Il se méfie de la conformité dont les religions ont tôt fait, au plan alimentaire, existentiel ou cultuel, de se faire une exigence première. Dieu attend moins notre conformité que notre cordialité. Celle qui dessaisit et appauvrit. La cordialité ne contrôle rien. De l’autre, elle fait un mystère qui nous dépasse et nous réjouit. Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi. Le culte et les doctrines ne sont décidément pas son truc : la chaleur du cœur oui !
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