Il le couvrit de baisers
Samedi, 2° semaine de Carême (année impaire) Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 15, 1-3.11-32) Une scène que l’on connaît bien, que l’on a souvent imaginée. Un vieil homme, un œil sur les affaires courantes, il faut bien que la vie continue. Mais l’autre constamment fixé sur l’horizon, rivé indéfectiblement au chemin, guettant dans le lointain une silhouette que lui seul espère. Et soudain, il arrive. Est-ce bien lui ? Le père n’hésite guère. La compassion s’accumulait secrètement en lui depuis tant de mois, elle le déborde maintenant, elle l’envahit. Le vieux ne tient plus en place : « il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers ». Voit-on assez les baisers du père recouvrir le fils ? Car avant de le revêtir d’habits neufs, il l’enveloppe de tendresse. Pas un seul mot, juste des baisers paternels. Qui dit que les hommes sont parfois trop pudiques ? Grand drame de l’histoire humaine : il y a quelque chose de blessé entre les pères et les f...