Transfiguration du Seigneur
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 9, 2-10)
Dieu n’aime pas le grand spectacle ni les effets spéciaux. Il n’a de cesse pourtant de se manifester aux hommes qui, bien sûr, pensent à tout sauf à lui. Les hommes sont distraits. Alors, il consent parfois à des « théophanies », ces moments un peu spectaculaires où il manifeste clairement sa divinité. Il montre alors qu’il est Dieu, tout simplement, mais toujours à mesure d’homme. Il n’aime ainsi ni l’orage, ni les éclairs, mais, pour nous convaincre qu’il est là et qu’il existe, il préfère les petits buissons ardents, ou la brise légère. Et la transfiguration ? Au mont Thabor, pour donner du courage à trois de ses disciples qui seront un jour avec lui à Gethsémani, il leur fait un cadeau : soudain, l’éclat de sa divinité transparaît à travers son humanité. Rien d’un grand show hollywoodien ! Juste un instant de lumière, pour leurs yeux ; comme une petite empreinte rétinienne de la résurrection, de laquelle ils n’ont encore guère idée. Pour garder l’espérance, d’une montagne à l’autre, du Thabor au Golgotha, quand celle de la nuit remplacera celle de la lumière. La Transfiguration est tout de même une bien curieuse ascension. Voilà que le Dieu fait homme, descendu si bas pour partager nos jours, lui qui connaît si bien les faux sommets et les pics d’illusion où le démon a tenté de le hisser, n’a maintenant qu’élévation au cœur et cime en tête. Elle n’est pourtant pas bien arrogante en vérité, cette petite montagne émouvante du Thabor sur laquelle il a entraîné ce jour-là trois de ses apôtres, Pierre, Jacques et Jean. Sur le chemin qui y monte, ils ont mis leurs petits pas d’hommes dans le grand pas de Dieu. Mais alourdis par leur pesante humanité, ils se sont endormis, là déjà, comme un