Pentecôte (année A)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 20, 19-23)
Pentecôte ! La grande fête annuelle de l’Esprit Saint, quand même la plus méconnue des trois personnes de la Trinité. Le Père, on voit à peu près, il faut bien que Dieu soit, a minima, revêtu d’une autorité, avec ou sans barbe... Le fils, encore mieux : étant entré dans notre monde, il porte un nom d’homme, on a vu des tableaux, des films ou des séries, il est d’emblée dans notre champ de vision et nous est assez proche pour que la relation avec lui soit presque naturelle. Mais l’Esprit Saint ? Malgré le déploiement imagé des colombes ici et des langues de feu là pour le figurer un peu…on ne voit hélas pas toujours aussi bien ! Certes, depuis quelques décennies, dans la catéchèse et la prédication de l’Église, un peu plus « pentecôtiste », on a sensiblement progressé ! On le comprend mieux : l’Esprit Saint, un peu comme le désir, invisible sinon dans ses fruits, qui circule entre le Père et le Fils et déborde jusqu’à nous. Heureux débordement que ce « baiser du Père au Fils », comme disait poétiquement Saint Bernard. Et à l’heure des ondes, du bluetooth et des fréquences hertziennes, en faisant un petit effort, on conçoit bien que la grâce divine, qui n’a pas vocation à se cantonner ni au Ciel, ni dans les tabernacles, puisse se diffuser dans le monde sur un mode invisible de quasi- « connexion wifi » ou de télé-diffusion divine. L’Esprit Saint, c’est un peu l’informaticien du trio, celui qui justement est chargé des connexions ! C’est lui en effet qui nous connecte ! Il nous connecte à La Trinité, dans laquelle depuis l’Ascension du Christ (qui est bien plus qu’un simple retour au Ciel !), nous sommes, par l’incarnation historique d’une des personnes de la Trinité, tous nécessairement et mystérieusement réintroduits ! Car Dieu pourrait-il être vraiment l’Amour s’il était solitaire, juché sur le promontoire de sa toute-puissance ? Notre Dieu est « multi-faces ». L’esprit Saint nous apprend ainsi que la Trinité, à la communion de laquelle nous sommes vraiment appelés, c’est d’abord