Sait-on bien ce qu’on dit ?
Saint Jacques, apôtre
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 20, 20-28)
Sait-on jamais ce qu’on dit quand on le dit ? Mesure-t-on toujours ce que signifient vraiment nos paroles, qui en savent parfois mystérieusement plus long que nous sur ce à quoi elles engagent. Il en sera ainsi un jour de Ponce Pilate, quand les juifs viendront déplorer qu’il ait écrit « INRI », Jésus de Nazareth Roi des Juifs, au-dessus du Christ en croix, sans être assez explicite sur l’ironie d’un titre dont il aurait fallu justement montrer l’imposture. « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit ! » leur dira-t-il. Pas seulement une fin de non-recevoir désinvolte ! Ce que j’ai écrit, sans bien savoir ce que j’écrivais, oui, je l’ai écrit. Ma parole était comme en avance sur moi. Je persiste donc, et signe. De fait, je l’ai écrit.
Ainsi de Jacques et Jean, magnifiques de