Dans le secret
Mercredi des cendres (année impaire)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 6, 1-6.16-18)
Que ton aumône reste dans le secret. L’Église n’est pas une secte et elle n’a rien à cacher. Elle a trop pâti d’une culture du secret et elle doit vivre dans la simplicité du grand jour. Il ne s’agit pas d’exhiber indécemment nos efforts pour faire le bien ni d’en tirer orgueil. Mais il ne s’agit pas non plus de faire trop d’acrobaties pieuses pour les dissimuler à tout prix, jusqu’à substituer à l’artifice de l’exhibition celui de la dissimulation. Ton père voit ce que tu fais dans le secret. Il peut arriver que certains gestes dans l’ordre de la charité se fassent publiquement. Mère Térésa a parfois fait l’aumône, bien malgré elle, sous les projecteurs et les appareils photos. Qu’importe que cela arrive. L’essentiel est ailleurs. Quoi que nous fassions, en secret ou en public, il y a en tout homme un secret du cœur plus profond et qui n’appartient qu’à Dieu. C’est ce secret-là, terreau mystérieux de nos actes de vraie charité, visibles ou invisibles, qu’il s’agit de préserver en nous. Que ton aumône reste en lien avec ce secret-là : ce qui est tout de même autre chose que de faire simplement de bonnes actions en cachette. Car le secret d’un être n’est pas tant ce qu’il cache ou soustrait aux yeux du monde que ce qu’il réserve, dans sa vie profonde, ce qu’il tait aux hommes pour ne le donner qu’à Dieu, afin que l’offrande, dans le silence, en soit plus radicale et plus incontestable. Et Dieu seul sait de quelles profondes misères peuvent monter à lui les plus beaux secrets.
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