Je est un autre
Jeudi après l’Épiphanie (Année A)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 4, 14-22a)
Ce qu’il vient de dire est inouï ! L’étonnement ne va pas durer, nul n’est prophète en son pays. On est si vite repris par la raison ou le bon sens, qui parfois nous brident ! N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? C’est que les gens de Nazareth, ils n’avaient rien vu venir ! Elle est touchante, en un sens, cette question qui suit et dit leur désarroi, et bientôt leur grogne. Ce gars-là, ils le connaissent bien ! C’est même un bon gars. Dans le village, on se souvient encore du bon Joseph, son père, à qui on confiait volontiers un charpente à refaire ou une roue à réparer. Et Jésus, qui avait pris la suite, était digne de la même confiance. Mais c’est quoi, toutes ces histoires ? Voilà qu’il prêche, qu’il guérit, qu’il fait des miracles… N’est-il pas le charpentier ?
Personne n’aime qu’on lui change ses repères. Un charpentier est un charpentier, comme un sous est un sous. A chacun sa case, et son identité. Mais précisément, la bonne nouvelle que Jésus commence à proclamer, c’est que nous sommes tous plus grands que ce que nous sommes. « Je est un autre », disait le poète. Il en faudra de la foi pour accepter que le charpentier du village soit le Messie d’Israël, et le Fils de Dieu. Et qu’à sa suite, plus déroutant encore, le boucher, le boulanger et chacun de nous soit tellement plus que ce qu’il est. Derrière tout homme, le plus humble, un enfant de Dieu, peut-être un saint ! La foi, c’est parfois se méfier des apparences !
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