Jésus étendit la main et le toucha
Vendredi après l’Épiphanie (Année A)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 5, 12-16)
Ni une ni deux. Saisi de compassion, comme dit Marc rapportant le même épisode, Jésus étendit la main et le toucha. C’est beau de voir le geste accompagner la parole. Bien sûr que le Christ n’est pas qu’un affectif ; bien sûr que la guérison n’arrive pas de façon inopinée, qu’il y a des raisons profondes au miracle, qu’impose la manifestation croissante des signes messianiques. Jésus sait ce qu’il fait, tout est sous contrôle. N’empêche ! Pourquoi cet homme, et à ce moment-là ? Le geste en dit long sur l’élan du corps. Comme si quelque chose avait soudain débordé dans son cœur : touché au vif, remué dans ses entrailles, la main précède les mots, et les entrainent dans son sillage d’amour. Comme souvent, Dieu devant nos misères.
C’est vrai que le lépreux, tout à sa joie, n’a finalement pas pu tenir sa langue ! Il ne comprend pas la prudence que Jésus lui demande, n’imagine pas qu’il va compliquer son chemin en faisant de lui la star des guérisons. Si bien que tout le monde va se précipiter, et vouloir la sienne.
Malgré ce qu’il lui en coûte, Jésus n’a pas dû être bien fâché contre le lépreux. Un débordement de cœur n’a fait que répondre à un autre et s’ils ne se sont pas compris, ils ont partagé une même démesure ; commis, l’un comme l’autre, une même imprudence : celle de l’amour. Et Jésus n’en finit pas d’étendre la main, et de toucher…
Commentaires
Enregistrer un commentaire