L’endurcissement des cœurs

Mercredi, 2° semaine du Temps Ordinaire (année paire)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 3, 1-6)

Personne n’a autant aimé le sabbat que Jésus. Le démenti ne porte pas tant sur le sabbat que sur la manière de le vivre. Dans ses trente années de vie cachée à Nazareth, combien de sabbats a-t-il vécus, avec la ferveur qu’on imagine, très intimement uni au Père. Non, ce n’est pas le sabbat qui est en cause, ni même les Pharisiens comme tels. Plutôt des pharisiens qui, dans une humanité obscurcie qui pourrait être aussi la nôtre, l’ont beaucoup amoindri.

Pour leur en redonner le sens profond, est-ce un hasard si Jésus vivifie une main desséchée ? Dans leur rite de bons juifs, comme dans le corps de cet homme, y avait-il donc une partie restée mystérieusement sans vie, une part morte qui n’était plus irriguée par l’obéissance aimante de l’esprit ? Et quelle part ! La part active, la main. Vivaient-ils donc le sabbat à main sèche ? Et surtout, à cœur indisponible ? C’est terrible de voir, pour le coincer, la traque qu’ils disposent. Ils l’épient. Pouvait-il en être autrement : ils finissent remplis de rage. C’est vrai aussi que si cet homme fait là ce qu’il fait sans être Dieu, il y a de quoi dénoncer le blasphème.

En opérant la guérison, Jésus a-t-il pensé les ramener à l’éminence de la charité ? Secrètement, espérait-il qu’ils aillent au bout de ce qui les scandalise ? Qui donc est ce Jésus ? Et qu’est-ce que le sabbat, en présence même du Dieu fait homme ? Comment libérer les cœurs de leur endurcissement ? La guérison d’une main à l’évidence n’y suffira pas. Et la Croix ?

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