L’évangile de l’ordinaire
Sainte Marie, Mère de Dieu
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 2, 16-21)
L’extraordinaire de Dieu a si souvent l’art de se dissimuler dans l’ordinaire des jours. Les bergers, ça n’a pas l’air de les avoir déroutés plus que cela… Qu’est-ce que les anges ont-ils bien pu leur dire, à ces braves hommes qui sont appelés à être les premiers témoins d’un événement tout de même incroyable ? Leur a-t-on dit qu’il ne s’agissait rien moins que de la venue du Messie, celui qu’Israël attend depuis des siècles ? Il y avait de quoi rester un peu dubitatif… Sans tambours ni trompettes ! Les anges les ont-ils avertis de l’inouï, et de sa déroutante simplicité ? Luc nous dit qu’ils se hâtèrent d’aller à Bethléem ! Un peu par curiosité peut-être, pour voir, mais surtout poussés par la joie et l’honneur d’être ainsi conviés au surgissement dans le monde de l’Espéré d’Israël. Ils sont venus ! Et qu’ont-ils vu, là où il y avait si peu à voir ? Un jeune homme, une toute jeune femme, et un nouveau-né, dans une mangeoire ! Ils ont constaté l’indigence extrême, le dénuement incompréhensible. Le Messie d’Israël ? Ils ne pouvaient évidemment pas se douter que la petite mangeoire dans laquelle dormait l’enfant était bien plus qu’un berceau de fortune, fait avec les moyens du bord. Pouvaient-ils imaginer qu’elle en disait long déjà sur la suite, sur le symbole d’un grand mystère eucharistique dont eux étaient encore si loin. Qu’importe ! Voir pour eux, c’était savoir. Ont-ils beaucoup parlé avec Marie et Joseph ? Peut-être peu de mots en vérité. Entre gens simples, on se comprend ! Des regards surtout : eux aussi avaient reçu l’incroyable grâce de savoir comment ce Dieu-là aime venir parmi les hommes. Ces cœurs simples étaient vraiment taillés pour comprendre par l’intime que l’extraordinaire de Dieu vient toujours dans l’ordinaire des jours. Le sommes-nous aussi ? Puisse la maternité précieuse de Marie nous introduire dans ce si beau mystère.
Commentaires
Enregistrer un commentaire