Saisi de compassion

Jeudi, 2° semaine du Temps Ordinaire (années paires)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1, 40-45)

Saisi de compassion. A l’entame de la phrase qui va faire le récit du miracle de la guérison, comme il est touchant, ce beau participe passé et ce complément d’agent sans ambiguïté, qui arriment, belle expression de la miséricorde, la cause effective de l’intervention divine. Bien sûr que le Christ n’est pas qu’un affectif ; bien sûr que la guérison n’arrive pas de façon inopinée, qu’il y a des raisons profondes au miracle, qu’impose la manifestation croissante des signes messianiques. Jésus sait ce qu’il fait, tout est sous contrôle. N’empêche ! Pourquoi cet homme, et à ce moment-là ? Comme si quelque chose avait soudain débordé dans son cœur : touché au vif, remué dans ses entrailles. Comme souvent, Dieu devant nos misères.

C’est vrai que le lépreux, tout à sa joie, n’a pas pu tenir sa langue ! Il ne comprend pas la prudence que Jésus lui demande, n’imagine pas qu’il va compliquer son chemin en faisant de lui la star des guérisons. Si bien que tout le monde se précipite, et veut la sienne.

Malgré ce qu’il lui en coûte, Jésus n’a pas dû être bien fâché contre le lépreux. Un débordement de cœur n’a fait que répondre à un autre et s’ils ne se sont pas compris, ils ont partagé une même démesure ; commis, l’un comme l’autre, une même imprudence : celle de l’amour.

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