Tout seul, à terre
Mercredi après l’Épiphanie (Année A)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 6, 45-52)
Une partie de la journée, Jésus a parlé à la foule. Il n’a pas fait des discours. Dans ses mots, il a mis sa vie. Le soir venu, il a voulu aussi nourrir ces hommes et femmes venus l’entendre en multipliant le pain. Un pain eucharistique déjà, dont lui seul, dans le secret de son cœur, sait ce qu’il engage. Jésus n’est pas fatigué, mais il a besoin de se retirer sur la montagne. Il a besoin de se soustraire au succès, au risque d’une Royauté prématurée qui n’est pas encore celle de La Croix. Il a surtout besoin de se mettre en prière, de retrouver cette mystérieuse intimité avec le Père dans laquelle il puise les ressources secrètes de sa mission et de l’offrande qu’il veut faire de sa vie. Ils sont discrets mais impressionnants, ces moments où Jésus se retire des affaires humaines, pour cette communion « sur la montagne » qu’on ne voit jamais que de loin. Comme s’il ne nous fallait pas déranger ces moments d’intimité divine.
Plus bouleversant encore : Jésus ne reste jamais si longtemps loin des affaires du monde ni du souci des hommes. Ses retraites ne sont pas des replis, tant la sollicitude divine y reste en éveil : « Voyant qu’ils peinaient à ramer, il vint à eux vers la fin de la nuit ». Il ne nous abandonne pas aux gesticulations inefficaces de nos rames impuissantes. Les vents contraires à l’homme le font sortir de sa prière. Confiance, c’est moi, je suis là ! Au bout de la nuit, il vient, il est là. Aux aubes de nos nuits, il donne en vérité leur vraie lumière.
Commentaires
Enregistrer un commentaire