A Jérusalem, il y avait un homme

Lundi, Présentation au Temple

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 2, 22-32)

Il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. Pas une simple phrase d’introduction mais un bel hommage rendu à sa présence. Syméon n’était pas un affairé. Sa grâce : n’avoir d’autre vocation que d’être là. Il était là, rien d’autre ! Faisait-on attention à lui ? On sait peu de lui, sinon qu’il était un homme juste et religieux. Il ne payait sans doute pas de mine, pas d’exploit particulier à son actif, il avait même fini par faire partie du décor, des meubles. Sa vocation était si dérisoire, et inconnue aux yeux des hommes : attendre et d’espérer. De ces gens qui, apparemment, ne servent à pas grand-chose. Mais il était là, bien là, et il n’en bougeait pas depuis des années. Il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’est qu’il avait reçu de l’Esprit-Saint la certitude qu’il ne mourrait pas sans avoir vu le Messie. Toutes ces années, il les a donc vécues au régime de cette promesse. Aujourd’hui, il ne compte plus son âge. Sans le savoir, c’est toute l’attente d’Israël qu’il récapitule en lui et à qui il offre son beau et vieux visage et sa patience tenace. Le Messie tarde bien un peu, et le poids des ans commence vraiment à peser sur lui. Mais dans son cœur, depuis tant d’années, son chant de louange, il le répète. Il le prépare et le peaufine, comme au premier jour, pour bien le cantiller à l’heure suprême et décisive. Patiné par le temps, Le nunc dimittis, il l’a rôdé à l’épreuve de toute une vie : sait-il qu’un jour, son chant ouvrira la nuit de tant de moines et d’hommes de prière ?

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