L’onction de Béthanie
Lundi Saint
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 12, 1-11)
La toute récente et spectaculaire résurrection de Lazare commençait vraiment à chauffer les esprits. Les apôtres, tout pleins de leurs rêves de triomphe, s’attendaient donc à l’imminence de l’éclat messianique. Certains, Judas notamment, cherchaient même à la précipiter un peu. Il arrive que les hommes s’impatientent, qu’ils s’enferment dans leurs projets. Elle, elle n’avait pas d’idées, encore moins de plan. Contre tous qui ne voulaient guère entendre parler de sa mort ni de sa résurrection, seule, avec la résolution de l’amour et l’antique intuition de l’Épouse, ce jour-là, elle s’est alors approchée de lui. Soudain, dans l’incompréhension générale, elle l’a parfumé d’un parfum de très grand prix. Du prix de sa propre vie. Dans une mystérieuse liturgie de l’ensevelissement qu’il a reçue alors comme une bouleversante offrande, elle lui a secrètement ouvert le chemin de sa Pâque. Elle, savait. Avec quelle émotion a-t-il dû la regarder s’approcher de lui, cette femme si déclassée qui donnait soudain humblement visage à l’épouse du Cantique des Cantiques. Sans autre mot que son geste inouï et irréversible, elle venait ainsi lui apporter l’onction de Béthanie. Attester de sa mort. L’assurer de sa présence à ses côtés. Et lui donner sa vie, toute sa vie, au moment où lui va devoir donner la sienne. Sans doute une des plus belles liturgies de l’évangile. L’argent n’a pas peut-être d’odeur, mais comme l’amour sent bon ! La maison (on voudrait tant que ce soit l’Église !), fut alors remplie de l’odeur du parfum.Le parfum de la charité. Puissions-nous avoir la grâce de le sentir encore !
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