Ma coupe, vous la boirez
Mercredi, 2° semaine de Carême (année impaire)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 20, 17-28)
Encore un incroyable et terrible malentendu, poignant en vérité ! Jésus prend son souffle, un dernier souffle d’amour pour monter à Jérusalem où il va livrer sa vie. Mais qui le sait ? Qui le comprend vraiment ? Monter à Jérusalem, c’est forcément monter vers la Gloire ! Erreur de perspective tout humaine. Qui donc imagine la Croix, qu’il ne cache pourtant pas ? Au moment de ressaisir une dernière fois sa vie et sa mission, Jésus se tourne alors vers ses fidèles compagnons de route, qu’il « prend à part ». Il désire intensément leur partager ce qu’il va vivre dans les heures qui suivent. Aucun pathos. Clairement, il dit les choses, avec des mots simples, trop simples pour qu’ils mesurent vraiment de quoi il parle. Lui, il sait bien qu’ils se déroberont, tous. Il a si soif de leur amour. Ce qu’il criera sur la Croix, « J’ai soif ! », il leur dit là, comme à voix basse. Et c’est à cet instant que la mère de Jean et Jacques vient demander une bonne place, bien en vue pour ses fils ! Que fait-elle, la malheureuse, sinon que révéler notre péché à tous, chaque fois que nous sommes occupés de nos petits avantages personnels, sourds à la compassion et aveugles devant le mystère. Les deux apôtres, non des moindres, rachètent un peu l’affaire, par l’élan qu’ils mettent à s’engager. Belle mais bien naïve vaillance ! Boire à la coupe ? Nous le pouvons ! La tendresse de Dieu l’emporte alors. Loin de les disqualifier, il les reprend, mais à tous les sens du mot : Oui, ma coupe, vous y boirez, vous aussi….
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