Commensalité de Dieu
Jeudi, dans l'octave de Pâques
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 24, 35-48)
Le chagrin comme le désespoir étaient tellement grands chez les disciples. Mais partout, des lézardes de la grâce, des apparitions du ressuscité qui viennent sérieusement troubler la déprime générale. La tristesse craque, de tous côtés. On n’avait pas encore fini de se raconter l’épisode d’Emmaüs. On n’en revenait pas ! Mais on y revenait sans cesse, comme pour mieux amarrer l’espérance. Et voilà que soudain il est là, on ne sait pas bien comment, sans autre forme de procès que d’être parmi eux. Lui-même fut présent au milieu d’eux. Double miracle ! Ne pas être mort, et être là, sans passer par la porte. De quoi intéresser Hollywood pour un film de fantômes ! La performance est stupéfiante, et devant un tel prodige, les bons apôtres n’en mènent d’abord pas large ! Sa vie publique était pourtant enserrée par deux refus de miracles : en réponse à Satan, au désert, et aux soldats sur la Croix : si tu es le fils de Dieu, descends de la croix ! Il est possible que Dieu n’aime pas tant que ça les miracles ! Il en est économe, ne s’en sert pas pour intervenir à tout bout de champ, ni pour manipuler sa créature qu’il respecte trop. Il en faut bien quelques-uns pourtant ! S’il consent parfois à sortir des lois de nature, ce n’est pas pour nous en mettre plein les yeux. Double miracle quand même ce jour-là ! Mais, c’est touchant, à l’évidence, il en voile le spectaculaire. Avez-vous quelque chose à manger ? Comme si le ressuscité avait faim ! Elle est poignante, cette demande d’un Dieu inouï, tellement plus commensal et fraternel qu’éclatant et spectaculaire.
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