Embarquer Jésus ?

Samedi, 2ème semaine du Temps Pascal

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 6, 16-21)

Incroyable journée que celle de la multiplication des pains ! Un miracle à grande échelle, dont il va falloir maintenant assumer les conséquences. Au moment de rentrer le soir à Capharnaüm, sur l’autre rive, Jésus curieusement s’éclipse : sachant qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, Jésus s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul. Impérieux besoin de se retirer, de se soustraire au succès, au risque d’une Royauté prématurée qui n’est pas encore celle de La Croix. Jésus a surtout besoin de se mettre en prière, de retrouver cette mystérieuse intimité avec le Père dans laquelle il puise les ressources secrètes de sa mission et de l’offrande qu’il veut faire de sa vie. Ils sont discrets mais impressionnants, ces moments où Jésus se retire des affaires humaines, pour cette communion sur une montagne qu’on ne voit jamais que de loin. Comme s’il ne nous fallait pas déranger ces moments d’intimité divine. Les apôtres eux s’en retournent à demeure. L’évangile d’aujourd’hui fait récit de ce retour sur mer particulièrement agitée. Comme souvent dans nos vies, ça tangue fort ce soir-là ! Et les malheureux rament, tant qu’ils peuvent ! Mais où donc est Jésus ? La question a dû leur venir, avec une pointe de reproche. En vérité, quand ça tangue, Jésus n’est jamais très loin. Pour nous conforter, il sort de sa prière et vient à nous, directement, en marchant sur les eaux si besoin ! Les apôtres sont déroutés par ce nouveau miracle nocturne, ils veulent aussitôt le prendre dans la barque ! Assez curieusement, et là aussi est le miracle, aussitôt qu’ils en ont l’intention, la barque immédiatement touche terre, sans leur en laisser le temps. « aussitôt » ! Aucune montée à bord possible, et un accostage vraiment prématuré ! Comment comprendre ? C’est peut-être qu’on peut toujours accueillir Jésus, mais qu’on ne le l’embarque pas !

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