Je vous salue
Lundi, dans l'octave de Pâques
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 28, 8-15)
Le moment est assez solennel pour qu’on ne se perde pas en courtoisie inutile. Et pourtant ? Coup de théâtre ce matin-là au tombeau : plus de corps, mais des anges mystérieux qui expliquent l’inexplicable. On les imagine bien, les saintes femmes, tout encombrées encore de leurs aromates comme de leur chagrin, soudain déroutées par ce qu’elles vivent. La joie et la crainte se disputent leur cœur, elles s’empressent d’aller raconter tout ça aux apôtres. Leur trouble est extrême ! Il aurait sans doute pu attendre un peu… Laisser la nouvelle se répandre, et l’espérance regagner les cœurs. Mais sa tendresse est plus forte, sa délicatesse envers nous le presse. Quelle est belle, à cet instant-là, l’urgence de son approche et son incroyable courtoisie : et voici que Jésus vint à leur rencontre. Pas d’autre priorité du ressuscité que de venir à notre rencontre ! Sur nos chemins. Dans nos déroutes. Au cœur de l’événement. Toujours, il vient au-devant de nous, il s’approche, avec une pudeur bouleversante, si ajustée à la mesure de notre fragile humanité. Et voici que Jésus vint à leur rencontre. Qui donc est Dieu pour de telles ambassades ? Comme on baisse la lumière pour ne pas aveugler, il a abaissé sa gloire pour ne pas les éblouir, mais les retrouver. Pas de prêchi prêcha, même si le moment s’y prêtait un peu. Juste une parole, les premiers mots déjà de l’ange à Marie. Ce que Dieu a à nous dire en premier, et qui trahit son infinie courtoisie envers les hommes : je vous salue ! Savons bien entendre la bouleversante salutation de Dieu aux hommes d’ici-bas ?
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