Sous la colonnade de Salomon
Mardi, 4° semaine du Temps Pascal (années paires)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 10, 22-30)
C’était l’hiver. Temps froid sans doute, dans les cœurs autant qu’à Jérusalem. Les soupçons et les récriminations arrivent, ; et les disputailles avec les autorités du Temple. Tout cela finira mal pour lui, il le sait bien. La croix est encore loin, mais il l’empoigne déjà, secrètement. Ce jour-là, au portique de Salomon, comme bientôt à Gethsémani. Comment leur faire comprendre qu’il est le messie, mais pas tout à fait celui qu’ils attendent. Pense-t-il alors à la Galilée, à ces moments de soleil, toutes ces rencontres inoubliables, ces hommes et ces femmes à cœur ouvert, et notamment la samaritaine, à qui il a tout dit ? A Jérusalem, c’est une autre affaire. Pas un endroit pour lui où reposer la tête, ici pas un coin de nature ou une montagne solitaire où se retirer un peu, pour envelopper tout de sa prière et communier avec le Père. Son refuge, il le trouve donc au Temple, précisément sous la colonnade de Salomon, un passage couvert de la partie orientale de l’édifice où l’on est un peu à l’abri de la pluie et du vent. C’était l’hiver. Un triste jour de décembre où la Fête de la dédicace, censée célébrer la restauration du Temple, avait depuis longtemps perdu son âme. Le Temple ! Bâti jadis par Salomon dans un élan d’amour… Que reste-t-il de vrai dans la maison du Père ? C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans la Temple, sous la colonnade de Salomon. Il fait les cent pas, il va et vient : à cet instant, et dans ce lieu, on aurait aimé savoir, à chaque pas, ce qu’il avait dans le cœur. Le refuge est précaire, les autorités vont l’encercler, c’est imminent. Sous la colonnade de Salomon. Pour l’heure, c’est là qu’il va et vient. A cet endroit même où Pierre guérira un jour en son nom (Ac 3, 1-11). A cet endroit même où les tout premiers Chrétiens aimeront venir en mémoire de lui. Y puise-t-il alors de la force ? Car c’était l’hiver…
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