Garde mes disciples unis
Mercredi, 7° semaine du Temps Pascal (années paires)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 17, 11b-19)
Le Christ parle de nous à son Père avec une infinie sollicitude, presque comme une mère ou un père au seuil de sa mort confierait ses petits à quelqu’un de confiance. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu. Aucun, ou presque… C’est que la liberté humaine reste entière. On pense évidemment à Judas. Mais on ne saura jamais si le désespoir a vraiment eu le tout dernier mot. Cette petite phrase de Jésus permet peut-être d’en douter…
Tout a été donné. Au Golgotha tout va l’être. Et pourtant, on sent dans ses mots comme une réelle inquiétude pour nous. Le temps de l’Église va commencer, mais c’est une histoire totalement ouverte. Tout est vaincu par la Croix. Mais rien n’est joué, pour chacun de nous, et pour l’aventure humaine. Pas un de ces petits ne lui est indifférent, chacun a du prix à ses yeux. Nous pouvons nous perdre. Notre fragilité, qui mieux que lui la connaît ? Dans le monde comme il va, il sait en outre que la vie de disciple n’est pas un long fleuve tranquille. Il fait de nous à jamais des inadaptés. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n'appartiens pas au monde.
Et pourtant, qui d’autre mieux que Jésus a été présent au monde, intensément ? « Quand je serai mort, dites au doux royaume de la terre que je l’aimais plus que je n’aie jamais osé le dire ». Cette confidence de Bernanos aurait pu être celle du Christ. Ce monde, il ne s’agit pas d’en avoir peur, de le mépriser, de le fuir ou de l’abandonner à lui-même, mais de l’aimer assez pour désirer qu’il ne soit pas son propre terme.
Comment donc être au monde sans être du monde ? En recevant ce que Jésus nous donne de plus éminent et peut-être de plus mystérieux, sa joie. L’élixir d’espérance. Veillons à ce que sa source en nous reste vive.
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