A la question !

Vendredi, 9ème Semaine du Temps Ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 12, 35-37)

En bon juif, Jésus enseigne, et sa didactique emprunte à la grande tradition rabbinique de la question : il s’agit moins d’avoir des certitudes que de s’interroger, constamment, inlassablement, amoureusement pour tout repenser, toujours : cela s’appelle l’herméneutique qui a en vérité la même dynamique que la vie. Jésus au Temple n’assène pas des certitudes toutes faites, il inocule le virus de la question, pour réinitialiser en nous l’attention et la quête, pour y vivifier le désir : d’où vient que le Messie est le fils de David ? Certains ne voient pas le problème : parce que c’est écrit, pardi ! Certes… Mais encore ? Ni le Judaïsme ni le Christianisme ne seront jamais des religions du livre, mais de l’interprétation. Non pas qu’il faille toujours tout déconstruire, comme notre époque en raffole, pour un relativisme généralisé. Mais on aime bien les certitudes, surtout dans les formulations qu’on voudrait définitives, une fois pour toutes : et il faut consentir à y travailler pour en élaborer quelques-unes, c’est le rôle d’un catéchisme, comme l’Église en réécrit un régulièrement. Mais c’est l’Écriture qui est première, et surtout son interprétation. D’où vient que le Messie est le fils de David ? A trop vite répondre, et par un argument d’autorité, on manquera le mystère, sa profondeur, sa beauté, et notre capacité à y entrer, toujours plus. Plus que des réponses toutes faites, il est des questions qui sonnent comme des révélations. Question d’intonation ! Et on en reçoit non de la perplexité mais de la Joie. A l’entendre poser ses questions apparemment évidentes, la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir ! Eux, ils ne s’y trompent pas.

Commentaires