Duquel sera-t-elle l’épouse ?
Mercredi, 9ème Semaine du Temps Ordinaire
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 12, 18-27)
Avouons-le, le cas d’école que les Sadducéens soumettent à Jésus pour l’embarrasser est limite. Si la réponse paraît cinglante, elle est à la mesure de leur mauvaise foi. Il s’agit de les bousculer : à la Résurrection donc, ni maris ni femmes !
Délocaliser au Ciel les attachements terrestres, c’est une tentation. Pas si simple de désentraver les finitudes humaines. Pour entrer dans l’infini de l’amour de Dieu, il faudra bien l’infini de l’éternité !
Est-ce à dire que les affections de la terre au Ciel ne valent plus rien ? L’affirmation de Jésus selon laquelle les ressuscités ne se marient pas n’est ni un appel au célibat, ni un mépris du mariage. Soyons sûrs que notre époux, notre épouse, nos enfants, nos amis très chers ne seront pas alors des visages anonymes. En eux, nous aurons des compagnons d’éternité, mailles par lesquelles Dieu nous rattachera au tissu de la communion universelle. « Les amitiés qui auront été bonnes dès cette vie, dit François de Sales, continueront éternellement en l’autre. »
Cette veuve n’a donc donné sur terre aucun enfant à ses sept maris. Et si, par sa grâce d’épouse, c’était par vocation : pour mieux les sanctifier en les enfantant successivement à l’accueil de la vie éternelle ? Une possible mission, plus secrète, celle d’une femme en qui se dessine déjà le mystère de l’Église. Les Sadducéens restent encore fermés à tout cela. Comme si, pour bien comprendre la Résurrection, il fallait d’abord entrer dans la grandeur mystérieuse du mariage !
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