Les vignerons homicides

Lundi, 9ème Semaine du Temps Ordinaire (semaine I du Psautier)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 12, 1-12)

Sous l’effet d’un antijudaïsme regrettable et de ce qu’on a appelé la « théologie de la substitution », la parabole des vignerons homicides a été trop souvent lue comme la condamnation d’Israël et son remplacement par l’Église. Quels que soient les assauts de l’Histoire contre lui, même les plus effroyables, le peuple juif demeure, enveloppé d’une mystérieuse bénédiction. Le concile Vatican II a clarifié cela. Les dons de Dieu sont sans repentance. Saint Paul affirme que l’alliance de Dieu avec Israël perdure, car Dieu est toujours fidèle à ses promesses (Rom 9, 3-4). Et la nouvelle Alliance ne supprimera jamais la première, l’Église ne remplace pas le peuple juif, pas plus qu’un second fils ne remplace un premier. Benoît XVI a même eu cette formule, profonde et novatrice : le peuple de Dieu, l’Église avec Israël.

La parabole des vignerons homicides alors ? Chrétiens ou juifs, il s’agit d’abord de porter du fruit. Ces vignerons n’ont de respect ni pour le propriétaire, ni pour ses émissaires, ni pour la vigne elle-même. Ces hommes, qui n’ont finalement de respect que pour eux-mêmes, on les connaît. Ils sont de tous les calendriers et de tous les peuples. Ils sont partout, y compris en nous. Les chrétiens n’ont pas à se croire meilleurs que les juifs. Car le salut ne sera jamais un droit ni un acquis mais une grâce à recevoir, autant qu’une tâche à accomplir.

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