Pas de souci pour demain
Samedi, 11ème Semaine du Temps Ordinaire
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 6, 24-34)
A l’heure de l’assurance-vie, du capital santé ou du plan d’épargne retraite, les paroles de Jésus relèvent de l’insensé ! Un seul devoir pour les disciples du Christ, le « devoir d’imprévoyance », auquel Isabelle Rivière, qui n’avait rien d’une « fofolle », consacra jadis un fort beau livre.
Elle reviendra toujours, cette tentation humaine de « mettre de côté », pour assurer le lendemain, au cas où Dieu lui-même aurait des oublis, des ruptures de stock dans l’envoi de la manne. Mais les vers toujours s’y mettront, et tant mieux ! Comme disait le Père Ceyrac, « tout ce qui n’est pas donné est perdu ». Tout ce qui est mal épargné sera faisandé.
Ne vous faites pas tant de souci pour demain : demain se souciera de lui-même. Parole salutaire pour les Occidentaux angoissés autant qu’avides du XXIème siècle. Mais est-elle entendue ? Tant de soucis et si peu de foi que les hommes de notre temps en ont même perdu le sommeil. « Vous pourriez peut-être sans grands dommages me laissez vos affaires en main, hommes sages (dit Dieu sous la plume de Péguy). Me les remettre l’espace d’une nuit. L’espace que vous dormiez, enfin. Et le lendemain matin, vous les retrouveriez peut-être pas trop abîmées. Je suis peut-être encore capable de les conduire un peu. Et Dieu d’ajouter : La sagesse humaine dit : Malheureux qui remet à demain. Et moi, je dis heureux celui qui remet à demain. Heureux qui remet. C’est-à-dire heureux qui espère. Et qui dort. ».
A bon entendeur donc, le repos et … le salut !
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