Que sera donc cet enfant ?

Nativité de Saint Jean Baptiste

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1, 57-66.80)

Même si aujourd’hui les enfants, chez nous du moins, sont souvent désirés (mais tous ne le sont pas), qui peut vraiment savoir qui a présidé à sa destinée ? Qui sait le mystère de son surgissement particulier dans le grand lignage humain depuis l’origine ? Ne sommes-nous qu’un énigmatique assemblage aléatoire d’atomes, que ne fonderait aucune nécessité, et qui réduirait notre vie à un simple accident.

Tout au long de la Bible, Dieu nous souffle au contraire que, dès l’origine, il nous a voulus. Que, dès le sein de notre mère, il nous a connus, et nommés. Et que d’emblée, en prononçant notre nom, et en l’inscrivant dans les archives célestes, il a secrètement planté notre vie en terre d’amour. Dans la nombreuse famille humaine, personne n’a donc jamais été un numéro anonyme. Oui, nous sommes désirés, de longue date, à un point que nous n’imaginons guère.

Il y a ce nom de la terre, que nos parents ont choisi, avec plus ou moins de bonheur. Mais il y a surtout notre nom d’éternité, en réserve dans le cœur de Dieu et qui attend sa révélation. Il arrive, comme pour Jean-Baptiste, que dès ici-bas, Dieu en balbutie quelques lettres. Car pour lui, ce que Dieu lui demandera justifie bien une nomination quasi divine, inspirée aux parents contre l’usage, un nom qui rompt avec le lignage. Pas Zacharie, mais Jean… Et pour chacun de nous, viendra le jour où lui-même épellera ce nom, notre nom : un nom définitif qui récapitulera si bien le secret profond de notre vie.

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