Étendant la main

Mardi, 16ème Semaine du Temps Ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 12, 46-50)

Au ciel, ni mari ni femme. Pas davantage de famille ! Comme le grain qui meurt en terre, toute famille, la plus unie et la plus bénie soit-elle, est toujours invitée à envisager et à accepter, le moment venu, son propre dépassement, sa propre transfiguration dans le grand mystère de la mort et de la résurrection qui touche les choses humaines. Si le Royaume est une fin en soi, la famille ne l’est pas, elle est un humble moyen auquel Jésus lui-même s’est soumis, un moyen bien imparfait et pauvre, de servir le mystère de toute croissance humaine jusqu’au moment solennel, jusqu’au moment personnel, où chaque homme est appelé à prononcer librement son oui à Dieu. Dans le credo nous ne disons pas que nous croyons « à la famille » mais « à la communion des saints », qui élargit, et de façon très mystérieuse, tous nos liens humains aux largeurs de la famille humaine. Bien plus que la famille, c’est l’Église, non pas seulement dans sa partie visible et sociologique, mais l’Église, ce cœur invisible de l’humanité, cette assemblée mystérieuse qui répond à l’appel de Dieu et nous lie secrètement les uns aux autres, qui est notre vraie et notre ultime communauté. La famille n’est pas à elle-même son propre but, elle a vocation à être ordonnée à l’Église, dont elle est la première cellule. Sans famille, pas d’Église, mais sans Église, pas de famille qui n’accomplisse en vérité sa finalité suprême. Jésus nous met ce jour-là au large. Étendant la main ! Par un geste magnifique, il ouvre l’estuaire de la fraternité et indique le grand large. A la famille humaine, de sa main, il donne alors un très bel étendard. Ce geste-là, les grands peintres auraient dû s’y intéresser davantage !

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