Le plus grand

Lundi, 26ème Semaine du Temps Ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 9, 46-50)

Jésus sait bien les drôles de discussions qui parfois occupent nos cœurs. Pas de reproche cependant devant un sujet pourtant apparemment si peu évangélique. En vérité, la discussion est-elle si déplacée ? Soyons honnêtes : qui ne veut devenir grand ? La recherche du plus grand, du meilleur ne fait-elle pas partie de la vie, de son dynamisme ? Aucun père ne souhaite à son enfant la dernière place. Sainte Thérèse, que nous fêterons jeudi, voulait tellement être une grande sainte et la meilleure, ce qui n’était pas incompatible avec le sentiment de sa petitesse, qui précisément la qualifiait. Ne pas vivre à la petite semaine ! Avoir de grands désirs ! Voilà bien ce que Dieu bénit ! Jésus ne les rabroue donc pas dans leur discussion pour savoir qui est le plus grand. Bien plutôt, il les aide dans leur recherche, et se contente alors de leur montrer un enfant. Pas pour bétifier sur l’enfance, sa gentillesse, son innocence. Bien davantage, à travers le petit, il veut pudiquement se montrer à eux, autrement. Sous un autre jour. Leur donner à voir son secret à lui, dans l’exercice de l’éminence de l’amour. Leur révéler surtout la grandeur de la filialité. Le plus grand parmi vous, c’est le plus petit, c’est-à-dire le plus filial : celui qui se reçoit totalement de plus grand encore que lui. Être petit, ce n’est pas qu’une question de taille, ni d’âge, ni même de modestie. C’est une affaire de bon positionnement, de placement envers son plus grand, dont on se reçoit, entièrement et dans la confiance ; de ce plus grand dont on reçoit tout, et même sa propre grandeur. La clé pour être grand ?  Être fils, ou fille ! C’est cela être enfant. La grandeur du Fils, elle vient des yeux du Père. Lui seul la donne. A ne jamais perdre de vue !

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