Sabbat desséché
Lundi, 23ème Semaine du Temps Ordinaire
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 6, 6-11)
Pas plus que sur ses promesses, Dieu ne revient sur ses prescriptions. Le démenti ne porte donc pas tant sur le shabbat que sur la manière de le vivre. Personne n’a autant aimé le shabbat que Jésus. Dans ses trente années de vie cachée à Nazareth, combien de shabbats a-t-il vécus, dans l’intensité qu’on imagine, très intimement uni au Père. Non, ce n’est pas le shabbat qui est en cause, ni même les Pharisiens comme tels. Plutôt des pharisiens qui, dans une humanité obscurcie qui pourrait être aussi la nôtre, l’ont beaucoup amoindri.
Pour leur en redonner le sens profond, est-ce un hasard si Jésus vivifie une main desséchée ? Dans leur rite de bons juifs, comme dans le corps de cet homme, y avait-il donc une part restée mystérieusement sans vie, une part morte qui n’était plus irriguée par l’obéissance aimante de l’esprit ? Et quelle part ! La part active, la main. Sans compter que de la main au cœur, il n’y a qu’un pas ! Qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière une main desséchée ? A quel mal enfoui revoient nos symptômes ? Et eux, vivaient-ils donc le shabbat à main sèche ? Et surtout, à cœur indisponible ? C’est terrible de voir, pour coincer Jésus, la traque qu’ils disposent. Ils l’épient. Pouvait-il en être autrement : ils finissent remplis de rage. C’est vrai aussi que si cet homme fait là ce qu’il fait sans être Dieu, il y a de quoi dénoncer le blasphème.
Jésus ne les accable pas. Il promène sur eux son regard, opère la guérison en espérant les ramener à l’éminence de la charité. Secrètement, espère-t-il qu’ils aillent au bout de ce qui les scandalise ? Faire remonter de la main au cœur, irriguer de nouveau tout l’être ! Qui donc est ce Jésus ? Et, quand on y pense, qu’est-ce que pouvait bien être le shabbat, en présence même du Dieu fait homme ?
Commentaires
Enregistrer un commentaire